L’été est enfin installé et vous avez hâte de profiter du soleil en allant à la plage ? Mais savez-vous que nager dans l’océan peut altérer le microbiote cutané ? Et en plus de cela, augmenter le risque d’infection ? C’est ce que montre une équipe de chercheurs dans une étude présentée à la réunion annuelle de l’American Society for Microbiology.

Cette recherche a été motivée par de précédentes études montrant une corrélation entre la baignade en mer, la qualité des eaux et le risque d’infection. En effet, des changements du microbiote peuvent rendre l’hôte vulnérable aux infections cutanée, gastro-intestinale, ou ORL incluant les infections respiratoires ou encore les otites.

L’équilibre du microbiote cutané serait perturbé par une baignade dans l’océan

Notre peau est le plus grand organe de notre corps. Elle abrite à sa surface un grand nombre de bactéries, levures et champignons formant le microbiote cutané. La peau constitue notre première ligne de défense. Dans un premier temps, grâce à son effet de barrière physique; dans un second temps, par la présence de microorganismes nous protégeant de la colonisation et/ou infections causées par des agents opportunistes et pathogènes. Et il s’avèrerait que 10 minutes à nager dans l’océan suffisent à perturber l’équilibre de cet écosystème. (dysbiose)  

C’est par l’analyse du microbiote cutané de plusieurs volontaires (sans crème solaire) que l’équipe de chercheurs a pu aboutir à ces résultats. Au début de l’intervention, les participants semblaient avoir des microbiotes cutanés très différents les uns des autres. (Rappelons que le microbiote est propre à chaque individu). A la fin de l’étude, après avoir passé 10 minutes à nager dans l’océan, l’analyse a permis de montrer que les microbiotes cutanés tendaient à se ressembler ! Mais ce changement n’est que temporaire. En effet, 6 heures plus tard, les microbiotes cutanés avaient commencé à retrouver leur composition initiale.

L’océan aurait « nettoyé la peau des volontaires de ses bactéries pour permettre l’installation de bactéries venant de l’océan » d’après Marisa Chattman Nielsen, chercheur à l’université de Californie.

Des bactéries potentiellement pathogènes seraient présentes dans l’océan

Une autre découverte de l’étude est la présence d’espèces du genre Vibrio chez chacun des volontaires ayant nagé dans l’océan et séché à l’air libre. Ils étaient toujours présents au bout de 6h, et même au bout de 24h chez un individu. Notons que le genre Vibrio comprend la bactérie responsable du choléra, bien que la majorité des espèces ne soient pas pathogènes. Ceci met en évidence que des bactéries potentiellement pathogènes pourraient s’installer sur notre peau.

LC

CHATTMAN NIELSEN M, JIANG SC. Alterations in the human skin microbiome after ocean water exposure. Marine Pollution Bulletin. 2019, 145:595-603